Tentative d'assassinat sur Karim Achoui : 8 jours de procès et 2 acquittements

(Illustration : Marty pour StreetPress)

Du 2 au 12 février, la cour d'assises de Melun a accueilli le procès en appel de la tentative d'assassinat de Karim Achoui - après un acquittement général en première instance, à Paris, fin 2013. Épris de justice, après avoir écrit une première chronique, vous propose le début de la chronique intégrale du procès, initialement publiée sur StreetPress


Cour d’assises de Melun, le 8 février. – La victime, mise élégante et port altier, pose ses deux mains sur la barre : « Karim Achoui, 48 ans. » Un temps, puis d’une voix claire et sonore : « avocat ». Le 22 juin 2007, l’ex « avocat du milieu », s’effondrait en plein Paris, sous les balles d’un gros calibre.

Le 22 juin 2007, il est près de 22 heures mais le ciel est encore clair. Karim Achoui quitte son cabinet du 10, boulevard Raspail au bras de sa compagne. Il raconte à la cour :

« Mon regard est attiré par un homme casqué, de l’autre côté de la rue. Son attitude m’interpelle. Nous nous approchons de mon véhicule à l’angle de la rue de Varenne, je le vois porter sa main à une sacoche, et là, je comprends. »

Il pousse son amie, « Non, non, non ! » crie-t-il avant de détaler. L’homme casqué descend et tire à trois reprises des balles de 11.43 mm – le calibre favori des voyous pour rectifier les rivaux. Deux atteignent l’avocat qui s’écroule. Le tueur s’approche, il va l’achever, mais son gros calibre s’enraye. Il réessaie, en vain, à quatre reprises – quatre étuis non percutés que l’expert balistique retrouvera. Une balle lui traverse le poumon gauche, l’autre l’atteint à la hanche et lui effleure la verge en sortant. Karim Achoui a failli mourir.

(Illustration : Marty pour StreetPress)

Meurtri sur son lit d’hôpital, il convoque la presse dès que possible et proclame, tonitruant, avoir été la victime de « quelques moutons noirs de la police ». Il est Karim Achoui le sulfureux, l’avocat du milieu honni par une police amère de voir des gros bonnets défendus – et parfois libérés – avec tant de brio par ce baveux jugé interlope et plein de morgue, astre des prétoires et phare de la procédure pénale. Certaines brigades lui vouent une haine farouche. D’ailleurs Me Achoui en est persuadé, la secrétaire qu’il a renvoyée début juin de cette même année avait été infiltrée par la brigade de répression du banditisme (BRB). Tout cela il le détaille dans un livre paru fin 2008, dans lequel il raconte sa vérité, son scénario.

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Qui a voulu flinguer Karim Achoui, le sulfureux avocat du milieu ?

— Julien Mucchielli